Association Nationale du Cheval de Race Auvergne



Un avis sur le Cheval de Race Auvergne


par Daniel WANTZ

éditeur de "La lettre du Cheval de trait

et des races à sabots à faibles effectifs"
 



La Lettre :

Ce petit cheval par le physique est tout à fait étonnant. Surtout par la façon dont j'ai fait sa connaissance, il y a environ une dizaine d'année. J'ai reçu un courriel m'informant qu'il existe encore un cheval typique auvergnat qui survit dans le Massif

Central. Je n'ai pas apporté une attention particulière à une apparition miraculeuse. Je l'ai classé dans les avatars des rêves douteux. En visitant le premier salon "Sommet de l'élevage" à Cournon 63, j'ai fait physiquement connaissance avec un petit cheval harmonieux qui présente le format exigé pour pouvoir circuler utilement en terrain montagneux.

En montagne on rencontre bien d'autres chevaux et formats. Pour les lourds ce n'est pas le travail qui justifie leurs présences.

A l'inverse, le gabarit et format du cheval de race Auvergne le prédispose à être le champion des déplacements en zone très accidentée. C'est logique puisque c'est l'ancien tractionnaire du paysan montagnard du Massif Central. A cette époque, le baratin n'avait pas court. Seul pouvait être adopté un animal susceptible de produire un service travail efficace. Une leçon à apprendre sur le bout des sabots et à appliquer par tous ceux qui souhaitent voir certains chevaux de trait travailler.

Je ne connais pas le niveau actuel de la consanguinité. Avec 400 unités, ce problème va inéluctablement se poser dans un certain avenir. Le déplorable exemple donné par les petites races de chevaux de trait qui n'ont apporté aucune correction à cette avanie pendant les 55 années qui nous séparent de la décision de relancer un élevage qui était pratiquement disparu.

L'esprit de famille, tous cousins, montré par les petites races à faibles effectifs pré-annoncent leurs disparitions et les rendent impropres à une activité lucrative.

Il y a là, matière à effectuer quelques échanges de reproducteurs avec des races sœurs. Cela peut rendre un grand service à plusieurs races.

 

- Valorisation :

L'expérience des fréquentations des salons généraux d'agriculture démontre qu'ils sont très coûteux. Les conséquences sont proches du néant. L'exemple visuel du salon du cheval de Paris où les races se sont distinguées dans une salle sans spectateurs est courant. Il est encore plus inquiétant qu'il ait une récidive les années suivantes. Les aveugles sont aux commandes.

Il est dommage que l'on ne publie pas les retombées économiques d'un salon comme le Sommet de l'élevage de Cournon 63. Le niveau devrait être édifiant.

Du côté des gros, un timide début d'aller vers les éventuels utilisateurs-acheteurs nous apparaît comme le commencement d'une renaissance. C'est ce qui a été fait au SIVAL d'Angers. Il faut s'y présenter avec un ensemble cohérent justifiant l'intérêt immédiat et futur des utilisateurs potentiels.

Le Baudet du Poitou et le Poitevin Mulassier ne sont pas de bons travailleurs par contre ils produisent une mule ou mulet qui est une affaire pour l'équilibre financier d'un futur utilisateur. La mule poitevine peut être remplacée par le produit du Baudet du Poitou sur une poulinière Percheron.

Le Baudet du Poitou vient de voir ses problèmes de cousinages corrigés. Il propose par là une excellente assurance pour l'avenir mulassière.

Le cheval de race Auvergne prend la place d'un animal ayant des qualités de sûreté du pied et de rusticité que sont les mules et mulets. Il apporte en complément à moins que ce soit l'inverse à des activités d'équitations régionales touristiques et autres.

L'élevage du race Auvergne n'est pas la satisfaction de quelques collectionneurs, mais la base d'un futur élevage rentable et raisonné.

Je pense que parmi les agriculteurs auvergnats et autres, il en ait, dont l'importance de l'exploitation rend l'amortissement d'un tracteur pour le moins risqué. Il pourrait être utilement remplacé par un voir deux races Auvergne. Cette modification devra certainement être accompagnée par une adaptation des productions tenant compte de la présence de l'animal.

La présence d'un équipage au complet du race Auvergne dans des réunions professionnelles bien choisies pourrait à terme apporter que du bonheur.

Dans une autre spécialité, la réunion de Moidas présente le cheval d'Auvergne dans un ensemble régional qui lui correspond.

C'est une façon indirecte de faire sa publicité.



 Retrouvez ici l'intégralité de la lettre n°388 du 31 Août 2015.